Isabelle n’est pas là par hasard, il y a des années qu’on lui parle des coopératives d’entrepreneur·es. « J’ai tourné autour longtemps », dit-elle. A l’occasion d’un énième tournant professionnel, elle a l’idée d’une activité, voire de plusieurs. L’auto-entreprise déjà essayée, elle est contente d’atterrir dans le seul modèle qui lui convient.
Ce qui a rendu Avant-Premières désirable à ses yeux, c’est notamment d’y voir des profils multi-casquettes. « J’étais attirée par de nombreux sujets touchés dans mon parcours. Et même si on me conseillait de ne pas me disperser, on ne me demandait pas de choisir », s’enthousiasme-t-elle. Elle apprend ainsi à se connaitre et à voir le travail comme plus qu’alimentaire : « C’est difficile de trouver ce qui permet d’être toi-même, sans te couper d’une partie de toi, qui te fait plaisir, qui est utile ET qui permet de te payer ».
Pour elle, « la coopérative est un refuge d’épanouissement », où l’on a envie de travailler autrement, cherchant la satisfaction au-delà de l’efficacité. « être entourée d’entrepreneur·es qui te ressemblent au niveau valeurs, d’une équipe qui t’épaule et t’évite une phobie administrative, avoir un espace pour tester, échanger et prendre confiance, appartenir à un collectif solidaire quand on va mal et où l’on se prescrit mutuellement, où l’on invente des collaborations, c’est rare et précieux » raconte-t-elle partout, pour que tout le monde sache que ça existe.
Son cœur de métier, ce sont ses formations et ateliers culinaires et sociaux autour de la prévention des VHSS* et de l’égalité femmes-hommes. Le point de départ : un sentiment d’urgence de participer à la lutte contre le sexisme. Et une première intervention en lycée agricole, en atelier de cuisine, pour constater à quel point préparer à manger et le déguster ensemble est un puissant terreau pour discuter de choses dures. « Quand tu sais statistiquement le nombre de femmes concernées dans un groupe, exprime la professionnelle, il faut un climat qui fait qu’elles se sentent libres de partager autour de la violence et des techniques pour y faire face, de faire du lien, de trouver courage et soutien. »
Depuis 2023, Isabelle évolue : « Sur les conseils reçus au sein d’Avant-Premières, je lâche des trucs, j’en développe et ne regrette pas ! ». Au début, elle n’avait pas pensé rejoindre l’organisme de formation, ou se lancer comme traiteure. Des spécialités suédoises pour une famille nostalgique au brunch anglosaxon dans une boutique de jeux, en passant par des entreprises et collectivités ou un marché de Noël, une envie commune : faire goûter des plats pour faire découvrir d’autres cultures… Une affaire de rencontres !
Isabelle soigne la cohérence entre ce qu’elle dit, ce qu’elle fait, les idées qu’elle défend, et son statut d’entrepreneure-salariée. Ce doit être authentique, généreux en quantité et en qualité. Comme sa cuisine. De quoi susciter la curiosité pour ses gourmandises, ses espaces de débat et sa coopérative, non ?
Isabelle Attard, Fika - Le rdv suédois, pour donner à déguster et à réfléchir
Ateliers culinaires et sociaux
Conférences et formations pour la prévention des VHSS et pour l’égalité Femmes/Hommes
Service traiteur interculturel
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Rédaction : La Souffleuse de Mots – Claire Imbert – 06 25 44 97 33


